Nouvelles du secteur des pensions par André Bertouille, Expert Pensions AGO

Différentes options pour le gouvernement
Alexander De Croo

Pour le nouveau gouvernement De Croo, avec la participation du MR et de l’Open VLD, il y a peu de commentaires au sujet du chapitre « Pensions » de
la déclaration gouvernementale. C’est pascal LORENT, dans le journal Le Soir, qui évoque d’abord les différentes options, puis le « plan Tandem » et le montant des pensions calculé sur la base de tantièmes.

  1. Les différentes options
    « Exit la pénibilité donc. Elle n’apparait pas dans la déclaration gouvernementale. Il faudra trouver autre chose pour prendre en compte une réalité physiologique : dans certains secteurs, dans certaines professions, le corps ou le mental ne permet pas de continuer à travailler au-delà d’un certain âge. Explicitement évoquée, la pension à mi-temps, héritage de la feu suédoise, est une des options retenues par la coalition Vivaldi, à condition de l’adapter. Car dans sa formule précédente,
    elle était inaccessible à une série de personne, principalement des femmes ne disposant pas du nombre d’années de carrière requis. De plus, cette solution ne convient guère aux syndicats qui craignent que le travailleur pensionné à mi-temps n’entame déjà son capital pension avant l’heure et reçoive moins une fois qu’il aura pris sa retraite
    complète. Pour garantir le succès de la formule, il faudra donc la revoir. »
  2. Le plan Tandem
    « Une autre piste envisagée dans l’accord de gouvernement est de favoriser le transfert de savoir-faire entre les générations de travailleurs.
    Derrière cette ellipse se dissimule le Plan Tandem qui consiste à octroyer un crédit temps à mi-temps pour les travailleurs de 60 ans et plus et à engager le jeune qui le remplacera. Son avantage, qui pourra inspirer la nouvelle mouture de la pension à mi-temps, c’est que le travailleur continue à percevoir des droits complets pour sa pension à venir. (…)
    Les deux autres options encore envisagées par le nouveau gouvernement fédéral sont « des fins de carrières adoucies, de la formation et de la
    réorientation au long de la carrière ». Des choix encore évasifs et qui ne sont pas sans poser de questions. Les fins de carrière adoucies ramènent
    soit à des crédits-temps, soit à des réductions du temps de travail négociées dans les secteurs (ce qui réinstaure alors des régimes spécifiques), soit au choix du temps partiel qui pénalise le salarié au
    niveau du montant futur de sa retraite.
    La formation et la réorientation partent du principe que la carrière n’est plus linéaire et qu’une personne, moyennant un apprentissage continu peut se réorienter durant son parcours vers des fonctions moins éprouvantes lui permettant d’atteindre l’âge de 67 ans en restant active. (…) Cette mobilité
    professionnelle ne s’applique toutefois pas à l’ensemble des trajectoires surtout au sein des métiers peu qualifiés qui sont souvent parmi les
    plus pénibles. »
  3. Les pensions calculées sur la base de tantièmes
    « En outre, la question de la formation amène celle de la stratégie des entreprises. Actuellement, nombre d’employeurs renoncent à former leurs travailleurs au-delà de 45 ou 50 ans, ceux-ci étant jugés trop vieux. (…) Ce constat démontre donc qu’il faudra sans doute des incitants fiscaux pour convaincre les entreprises de former leur personnel âgé (en s’assurant que les heures de formation sont équitablement réparties et pas seulement liées à un ratio du chiffre d’affaires). Il met également en lumière la situation des travailleurs âgés licenciés. (…) Ce dernier point
    sera d’autant plus essentiel que, même si la Vivaldi a tourné le dos à la pension à points, le montant des futures retraites sera calculé sur la base de tantièmes. Des carrières écourtées accoucheront donc de pensionnés pauvres. Un risque social et démographique qu’aucun gouvernement ne pourra se permettre.

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